Posté le 07 Juin 2018

Problèmes de santé les plus fréquents chez les chats

L'obésité chez le chat

Les gros chats font souvent les manchettes. Et c'est avec fierté que les propriétaires présentent leur protégé simplement très obèse. Comment peut-on être fier d'un tel chat qui n'est certainement pas « pétant » de santé ?
Voilà un sujet qui risque certainement de démolir le mythe qui veut « qu'un chat ne mange jamais trop ». Une légende urbaine dont les sources sont difficiles à expliquer.


Tous les médecins vétérinaires savent que c'est faux, car parmi les patients félins qu'ils reçoivent en clinique, de plus en plus souffrent d'un surplus de poids. Sans atteindre le poids des « gros chats vus dans les médias », on estime qu'est obèse le chat dont le poids excède de 15 % son poids normal. L'obésité est assurément le principal problème nutritionnel, dépassant en nombre et en fréquence tous les problèmes de déficiences alimentaires, d'avitaminoses, etc.
En théorie, l'obésité s'explique aisément : l'apport énergétique est plus grand que la dépense en énergie. Son traitement devrait donc, toujours en théorie évidemment, être simple : il suffirait de réduire l'apport de calories ou encore, d'augmenter les dépenses. Malheureusement, l'obésité chez l'animal n'est pas plus facile à guérir que le surplus de poids chez les humains. De plus, il faut admettre que d'autres facteurs que la simple gourmandise peuvent se juxtaposer au problème de la nourriture, même si la question de compensation si souvent avancée par les personnes obèses n'existe sans doute pas du côté de nos chats.


LE CHAT OBÈSE N'EST PAS « EN SANTÉ »


Selon les experts, un excès de 15 % de poids représente une accumulation de gras suffisante pour entraîner un mal fonctionnement de l'organisme ou pour prédisposer à d'autres conditions, notamment le diabète, les problèmes arthritiques, les cardiopathies, etc. L'animal qui transporte continuellement ce poids supplémentaire se fatigue inévitablement plus vite et ce sont ses membres qui en souffrent le plus. Le chat obèse est donc grandement exposé aux problèmes d'articulation. Une blessure articulaire s'accompagne de douleur qui fait que le chat évite de plus en plus de se mouvoir ; il devient moins actif et sa dépense énergétique diminue d'autant. Si la ration alimentaire reste la même, le gras s'accumule.


LES PROBLÈMES CARDIAQUES


Les problèmes cardiovasculaires et leur relation avec l'obésité sont bien connus chez l'homme. La même situation se rencontre chez le chat obèse. Pour arriver à simplement mouvoir cet excès de gras, le cœur, souvent déjà affaibli par une inévitable infiltration graisseuse, voit encore son travail accru. La capacité respiratoire du chat obèse peut aussi se détériorer : la pauvre bête s'essouffle au moindre effort. N'oublions pas que durant une chirurgie, les risques opératoires sont aussi plus nombreux. L'anesthésie est plus délicate, sans parler des problèmes chirurgicaux quand il faut, pour atteindre la cavité abdominale, traverser une épaisse couche de tissus adipeux. Même l'examen de l'animal devient très difficile si on doit palper ou ausculter.


LES CAUSES


Les causes ne sont jamais identiques. Il arrive que des problèmes hormonaux en soient la cause. En revanche, ils ne sont quand même pas si nombreux et ne pourraient certes pas expliquer les 12 % à 15 % de chats obèses.
On a parfois tenté d'expliquer l'obésité en suggérant que les tendances à accumuler du gras seraient un comportement instinctif et ancestral, car à l'origine, les animaux gras pouvaient survivre plus longtemps dans la nature que les animaux maigres. Il semble que les chats ont oublié qu'ils vivent aujourd'hui une vie sédentaire, qu'ils n'ont plus besoin de chercher leur nourriture en chassant, etc.
Bien que ce phénomène ne soit pas scientifiquement prouvé, il semble que les chats recueillis de l'extérieur et ceux qui ont connu la faim et qui ont été laissés à eux-mêmes pendant un certain temps ont tendance à s'empiffrer comme si c'était leur dernier repas. Effectivement, il n'est pas rare de voir le chat secouru, alors qu'il n'avait que la peau et les os, devenir rapidement obèse.


LE POIDS IDÉAL


Comme chez les humains, le poids idéal d'un chat varie d'un sujet à l'autre. La race doit être prise en considération, même si, au contraire des races canines, les variations de poids d'une race féline à une autre sont minimes. Ainsi, toutes les races félines annoncent un poids variant de 6 lb à 20 lb (de 2,5 kg à 9 kg) (du singapura au maine coon) alors qu'on connaît des chiens de 2 lb (1 kg) jusqu'à près de 200 lb (90,5 kg) (du chihuahua au saint-bernard).
Sans être obèse, un mâle maine coon peut aisément peser de 18 lb à 20 lb (de 8 kg à 9 kg). Reconnue comme étant la plus petite race féline, un singapura pourra être obèse à un poids de 8 lb (3,5 kg). Comment évaluer le poids idéal d'un chat sans pedigree ? Difficilement, mais on s'accorde pour dire qu'il devrait peser autour de 9 lb à 12 lb (de 4 kg à 5,5 kg).
En évaluant le poids idéal d'un chat, il faut aussi tenir compte de son sexe, car peu importe sa race, le chat mâle pèse généralement 2 lb ou 3 lb (1 kg ou 1,5 kg) de plus que la femelle.


ET LA STÉRILISATION ?


Encore un mythe à oublier ! La stérilisation n'entraîne pas obligatoirement l'obésité. Il est cependant bien évident que le chat stérilisé voit ses dépenses énergétiques diminuées, qu'on pense seulement à l'énergie dépensée par la chatte en chaleur en quête d'un fiancé ou de la chatte qui allaite, ou encore du mâle à la recherche d'une amoureuse.
En considérant la diminution des dépenses énergétiques, la composition de la diète et la quantité donnée doivent être différentes quand le chat est stérilisé.


LE TRAITEMENT


Hélas, maigrir n'est pas plus facile pour les animaux que pour leurs propriétaires. Les animaux ont tout de même l'avantage de ne pouvoir ouvrir la porte du garde-manger eux-mêmes. La responsabilité revient donc aux propriétaires. Il existe aujourd'hui quantité de nourritures commerciales qui peuvent très adéquatement aider les propriétaires à, sinon faire perdre du poids à leurs bêtes, au moins le contrôler. Il faut bien choisir cette nourriture, car tous les cas d'obésité ne sont pas identiques. Votre médecin vétérinaire s'y connaît bien. N'hésitez pas à le consulter à ce sujet. Tous les établissements vétérinaires offrent des programmes de médecine préventive, incluant des programmes d'amaigrissement efficaces.
La nourriture n'est cependant pas le seul élément : l'exercice est aussi un volet important d'un régime amaigrissant. Évidemment, lui offrir un compagnon de jeu peut le stimuler au cours des courses et des batailles à faire semblant. Mais comment stimuler un chat obèse unique ? Voilà un volet qui peut être bien agréable : le jeu ! Les animaleries offrent une panoplie de jouets ; vous en trouverez sûrement un qui stimulera votre beau gros chat.
Bonne chance !
 
Les chats allergiques


À l'arrivée du printemps, votre « rhume des foins » fera des siennes. C'est au même moment que nos animaux domestiques souffriront davantage de problèmes liés à leurs allergies. On estime qu'environ 10 % des humains souffrent de une ou plusieurs allergies ; les statistiques vétérinaires rapportent qu'un moins 15 % des animaux seraient allergiques à « quelque chose ». Il n'existe pas de statistiques officielles touchant les chats, mais on sait qu'une proportion importante de félins est également atteinte d'allergies.


Contrairement à l'homme allergique qui présente surtout des symptômes d'ordre respiratoire, les principales manifestations d'allergie chez les animaux se situent sur la peau, causant souvent de graves dermatites.
Jusqu'à récemment, le diagnostic d'une allergie, et surtout l'identification de l'allergène ou des allergènes en cause, était loin d'être facile, et le médecin vétérinaire comme le propriétaire de l'animal devaient parfois se transformer en détectives afin de scruter à fond l'environnement et les habitudes de vie de la bête. Afin d'identifier l'allergène, les seuls moyens fiables sont les tests cutanés, le plus souvent exécutés par les dermatologistes vétérinaires vers lesquels les animaux étaient dirigés.


QU'EST-CE QU'UNE ALLERGIE ?


Les termes « allergie » et « hypersensibilité » sont synonymes et correspondent à une « réaction anormale ou accrue du système immunitaire en présence d'une substance normalement perçue sans problème par un autre animal ». Cette substance est appelée « allergène » Si, chez l'homme, ce sont les yeux et le nez qui sont les organes les plus touchés par les allergies, tous les systèmes et les organes sont menacés de réactions allergiques chez les animaux[MC1] . La porte d'entrée des allergènes dans l'organisme joue un rôle déterminant. Ainsi, les allergènes inhalés entraînent une réaction initiale au chapitre du système respiratoire supérieur, des bronches et de la trachée, de là provocant de l'écoulement nasal et une constriction trachéo-bronchique (toux). Les allergènes environnementaux et dans l'air ambiant touchent les yeux et provoquent une abondante sécrétion lacrymale. Les allergènes ingérés entraînent des problèmes digestifs avec vomissements, diarrhée, coliques en plus des problèmes cutanés. Enfin, les allergènes peuvent aussi affecter directement la peau en causant une réaction locale rappelant les lésions de l'urticaire.


LES PRINCIPAUX ALLERGÈNES


Selon des études rétrospectives réalisées auprès des chiens et chats, il a été établi que les principaux allergènes sont les puces, les acariens, la poussière et les moisissures. Mentionnons qu'en ce qui concerne les puces, il n'existe aucune relation directe entre le nombre de puces et l'intensité des réactions allergiques. Un animal non allergique, même rempli de puces, pourra se gratter que très occasionnellement alors qu'un autre qui est allergique peut être grandement affecté par la présence d'une seule puce.


Les allergies alimentaires prennent de plus en plus d'importance et on croit que près de 30 % des cas de dermatites allergiques peuvent être dus à une allergie causée par des aliments dont les plus fréquemment en cause sont les œufs, le bœuf et le lait.
Comme chez les humains, les pollens, la poussière, les acariens, les moisissures peuvent causer des signes d'allergies. Si les particules d'allergènes sont plus petites, elles peuvent atteindre les bronches et provoquer des signes respiratoires : toux, respiration sifflante, détresse respiratoire, encore pratiquement toujours doublés de problèmes cutanés.
Toute substance étrangère peut provoquer des réactions d'allergie et la liste inclut aussi vaccins et médicaments en général. Tout le monde connaît quelqu'un qui est allergique aux antibiotiques ; nos animaux n'y échappent pas non plus.


RÔLE DE L'HÉRÉDITÉ


Il semble résolument exister un facteur héréditaire dans les allergies, sans toutefois que la source génétique soit entièrement comprise. Une certaine prédisposition familiale est sûrement en cause, bien que les allergènes responsables ne soient pas nécessairement les mêmes observés chez les parents et les jeunes. Les tendances aux allergies seraient donc liées aux gènes et transmissibles, mais pas les allergies à une substance spécifique.


LE DIAGNOSTIC D'ALLERGIE


Dans tous les cas où l'on soupçonne une allergie, il est important de dresser minutieusement l'anamnèse (histoire du cas). Il faut voir si l'animal présente des signes toute l'année ou de façon saisonnière (durant l'été seulement, au printemps, à l'automne), à l'intérieur ou à l'extérieur, etc. Les signes observés par le propriétaire doivent être décrits de façon précise (toux, éternuement, grattage, perte de poils, etc.). Enfin, la diète doit aussi être soigneusement examinée, car 30 % des allergies causant des dermatites pourraient être d'origine alimentaire.


Il faut aussi examiner l'animal et s'assurer qu'il n'est pas infesté de parasites (puces, tiques, mites, etc.) afin d'éliminer ces causes éventuelles. L'examen physique approfondi de l'animal est aussi d'importance capitale. Les régions généralement les plus touchées, soit les yeux, le nez, les oreilles, la région anale, les pieds (et surtout les espaces interdigités), doivent particulièrement faire l'objet d'une attention spéciale.


Les tests de base de laboratoire sont aussi fort importants, ne serait-ce que pour infirmer un diagnostic d'allergie en décelant d'autres problèmes. Un bilan sanguin, une analyse d'urine et de selles s'imposent. Comme les dermatites allergiques sont souvent doublées d'infections bactériennes ou fongiques, une culture microbiologique est toujours indiquée, de même qu'un grattage de la peau.


Des tests cutanés sont possibles. Il faut alors raser une région de la peau de l'animal et injecter des extraits d'allergène connus. Après un délai précis et selon les réactions locales observées (rougeurs, grandeurs, etc.), le dermatologue vétérinaire détermine les allergènes qui « pourraient » être en cause.
Dans tous ces tests, il est important de choisir des substances propres à l'environnement de l'animal. Inutile, par exemple, de choisir un extrait de palmier de Floride si la bête ne quitte jamais le Québec.


TRAITEMENTS OU SOULAGEMENT ?


Il existe trois possibilités dans la démarche d'un traitement d'allergie :
1) Élimination des allergènes responsables. Cette démarche n'est cependant pas toujours accessible. On peut éliminer les puces, une plante d'intérieur, une nouvelle moquette de laine ou un oreiller de plumes. En revanche, comment éliminer complètement la poussière ou les acariens qui, on le sait, sont omniprésents dans l'environnement ?


Si l'histoire du cas et les tests d'allergie suggèrent une allergie alimentaire, il existe des diètes commerciales dites hypoallergènes, sinon il est possible de préparer de la nourriture maison. Cette méthode est basée sur l'élimination et la réintroduction par étapes de différents ingrédients constituant la diète de l'animal.


2) Utilisation de produits anti-inflammatoire. Cette démarche n'est pas un traitement, mais un soulagement des signes et, conséquemment, de l'animal. Malheureusement, l'emploi prolongé de ces médicaments peut entraîner des complications et des effets secondaires indésirables.


3) Hyposensibilisation ou immunothérapie.Cette méthode est maintenant très accessible. Selon les résultats des tests d'allergie cutanés, il est possible de créer des combinaisons d'allergènes qui seront injectées à l'animal en doses d'abord minimes, puis croissantes. L'organisme de l'animal réagit alors en fabriquant des anticorps qui bloqueront la réaction anormale. Comme c'est le cas chez l'humain, le traitement est long, pouvant s'échelonner sur une période de six mois à une année, parfois plus. 


Ce traitement n'est pas sans risque non plus. Après chaque injection, l'animal doit être sous étroite supervision au cas où un choc suivrait.
De plus en plus recommandée, l'hyposensibilisation s'avère satisfaisante dans la majorité des cas, mais les résultats peuvent être compromis si le programme de désensibilisation n'est pas suivi à la lettre.


De toute façon, pour quiconque veut vivre heureux avec son chat, il sera sûrement valable et profitable de tenter le tout parce qu'un chat qui se gratte sans arrêt n'est pas seulement pénible pour la bête, mais peut drôlement rendre misérable la vie des siens.
Le médecin vétérinaire saura guider efficacement les propriétaires de chats possiblement allergiques.
 
Les parasites intestinaux chez le chat


La médecine vétérinaire a grandement évolué au cours des dernières années. Une des disciplines qui a particulièrement progressé est la parasitologie. Sans parler de recrudescence des parasites intestinaux, on est de plus en plus conscient des dangers des parasites animaux sur la santé des humains, spécialement celle des enfants.


Les humains s'infectent en ingérant accidentellement des œufs ou des larves de parasites provenant d'animaux infectés, soit en nettoyant le bac de litière, soit en manipulant de la terre où des animaux auraient déféqué. Les œufs de parasites atteignent les intestins de l'humain, puis y éclosent sans toutefois pouvoir se reproduire. Les vers immatures (Larva migrans) migrent dans l'organisme de l'humain et s'enkystent dans différents tissus et organes, pouvant causer de sérieux dommages, particulièrement aux yeux et au cerveau.


L'Association américaine CAPC (Companion Animal Parasite Council) recommande l'administration préventive de vermifuges toute l'année, le moyen le plus fiable de s'assurer que nos chats (et chiens) sont exempts de parasites. Même si on traite de façon continue, il est aussi recommandé d'effectuer des tests fécaux une ou deux fois par année.


Rappelons que les vers les plus fréquemment détectés sont les vers ronds ou Ascaris. Ce sont des vers blanchâtres qui peuvent atteindre plusieurs centimètres de longueur que l'on peut parfois observer dans les selles dans les cas d'infection massive. Bien que moins fréquents, les vers à crochet sont aussi susceptibles de causer des problèmes de santé chez les animaux et les humains. Ces vers pénètrent dans l'organisme humain par la peau. Les humains s'infectent souvent en marchant pieds nus dans un endroit contaminé par des selles animales infectées. Le ver solitaire (taenia) est un ver plat constitué de longues chaînes de segments. Dans le cas d'une infection grave, il est possible d'observer de ces segments autour de l'anus du chat. Ces segments ressemblent à des grains de riz séchés.


Bien que ce ne soit pas des vers comme tels, quelques protozoaires peuvent aussi entraîner des problèmes gastro-intestinaux chez les chats. Les protozoaires sont des microorganismes ne comportant qu'une seule cellule (unicellulaires) et les principaux sont les Giardia, les coccidies et les Toxoplasmose
Les tests fécaux sont souvent effectués en établissement vétérinaire à partir de selles fraîches, mais ils peuvent facilement donner des résultats faussement négatifs. Des tests plus sophistiqués connus pour détecter 30 % de plus de parasites sont aussi offerts dans les laboratoires de référence.


Enfin, mentionnons que d'autres recommandations pour prévenir les infections parasitaires sont aussi importantes, particulièrement pour les personnes qui jardinent ou pour les enfants qui pourraient jouer dans des carrés de sable contaminés. Il est important de toujours porter des gants au cours des travaux dans le jardin et de recouvrir les carrés de sable d'une toile protectrice lorsque les enfants n'y jouent pas.
 
Les vers du cœur, aussi chez les chats


À l'arrivée du printemps, les propriétaires de chiens penseront aux tests des vers du cœur. Qu'en est-il des propriétaires de chats ? Doivent-ils aussi s'inquiéter ? Jusqu'à tout récemment, l'infestation par les vers du cœur n'était pas considérée comme un problème important chez les chats. Pourtant, la condition avait été décelée chez eux dans plusieurs pays chauds dès les années 1920.


Il faut dire qu'il y a à peine 35 ans, l'infestation était considérée comme une maladie tropicale ou exotique diagnostiquée uniquement chez les chiens ayant visité les pays chauds, comme le sud des États-Unis. On sait que les vers du cœur sont maintenant bien installés chez nous.


Il était connu que le chat était sensible à l'infestation, mais on le croyait aussi plutôt résistant et que la condition était davantage une curiosité scientifique qu'une source de préoccupation. Ainsi, il n'était pas rare de trouver des vers du cœur chez un chat décédé, au cours d'une autopsie.


De récentes études ont montré que le problème est aujourd'hui bien reconnu et le diagnostic est maintenant souvent posé ante mortem. L'incidence chez le chat est moins élevée que chez le chien et les cas se retrouvent surtout dans les régions endémiques où l'incidence est élevée chez les chiens.


L'expression « vers du cœur » n'est pas une image de style. Ce sont de véritables vers qui, après un long processus de développement, autant dans l'organisme du moustique que dans celui de l'animal, se logent dans les cavités cardiaques de l'animal. Ces vers sont appelés Dirofilaria immitis et la condition qu'ils causent est la dirofilariose. Les vers du cœur sont des vers ronds pouvant mesurer entre 15 et 25 cm.


TRANSMISSION


Le cycle commence lorsqu'un moustique pique un animal infecté pour se nourrir, ingérant du même coup des vers du cœur immatures présents dans le sang de l'animal et appelés « microfilaires ». Durant les deux ou trois semaines suivantes, ces larves atteignent de nouveaux stades et deviennent infectieuses. Lorsque le moustique porteur se nourrira à même un nouvel animal, il déposera ces larves sous la peau du chat ou du chien en santé. Les larves sont alors soumises à une longue période de migration vers les organes internes, atteignant éventuellement le cœur. Elles complètent alors leur cycle de développement et deviennent des vers adultes en l'espace de plusieurs mois. Chez le chien, ces vers adultes produiront de nouveaux microfilaires qui circuleront dans le sang. Chez le chat, la production de microfilaires est à peu près inexistante. Les vers adultes peuvent vivre dans le cœur du chat pendant une ou deux années, causant inévitablement des dommages, et étant même susceptibles d'entraîner la mort.


LES SIGNES CLINIQUES


Chez les chiens, les signes d'infestation sont bien circonscrits et varient peu d'un chien infecté à un autre. Toutefois, les signes cliniques observés chez un chat infecté peuvent grandement varier à partir d'une détresse respiratoire aiguë jusqu'à la mort subite en passant par des épisodes de vomissement chroniques, de léthargie, une perte d'appétit. Il arrive même qu'aucun signe cardiaque ou respiratoire ne soit observé. Ces variations peuvent sans doute s'expliquer par le fait que le chat n'est pas l'hôte normal des vers du cœur et que le cœur du chat infecté est généralement porteur de moins de vers que le cœur du chien infecté. Ainsi, on ne retrouve qu'environ de deux à quatre vers adultes chez le chat alors qu'il n'est pas rare de retrouver 30 vers adultes et plus dans le cœur du chien. De plus, les vers adultes vivent jusqu'à trois ou cinq ans chez le chien alors que chez le chat, leur durée de vie est d'environ un ou deux ans.


LE DIAGNOSTIC ET LES TESTS OFFERTS


Devant des signes cliniques aussi variables, il n'est pas simple de poser un diagnostic de dirofilariose féline. Il faut aussi noter que les premiers tests de laboratoire ont été développés en fonction du chien et qu'ils ne sont pas toujours fiables chez le chat.


Un des tests de dépistage de choix pour la dirofilariose canine se fonde sur l'identification d'un antigène propre aux vers du cœur femelles adultes. Or, pour être fiable, il faut que l'animal abrite au moins de quatre à six vers femelles adultes, ce qui est rarement le cas chez le chat. Le test donne donc un haut taux de résultats faussement négatifs chez ce dernier, d'autant plus que le test sera également faussement négatif si l'animal infecté n'abrite que des vers mâles. Un autre test très utilisé chez le chien est la filtration d'un spécimen sanguin afin d'y détecter la présence de microfilaires. Or, peu ou pas de microfilaires ne sont présents dans le sang des chats infectés.


Le test de choix pour diagnostiquer la dirofilariose féline est un test basé sur la détection d'anticorps contre les vers du cœur, peu importe leur nombre ou leur sexe. Le test comporte quand même des limites, car il est moins spécifique que les autres tests ; la présence d'anticorps ne peut indiquer si le chat est présentement infecté ou s'il a déjà été infecté et que son système immunitaire a réussi à éliminer l'infection.


Parmi les autres moyens de diagnostic à la disposition du médecin vétérinaire, il faut penser à la radiographie très révélatrice chez un chien infecté, car le cœur et les artères pulmonaires subissent des changements de forme évidents. Ces changements sont rarement observés chez le chat infecté. Enfin, il semble que l'échographie soit l'un des outils de diagnostique utiles.


TRAITEMENT OU PRÉVENTION ?


Il n'existe pas de médicament approuvé pour le traitement adulticide des vers du cœur chez le chat. De toute façon, l'infection peut souvent et spontanément disparaître sans aucune intervention. Si les signes cliniques, le test d'anticorps, l'échographie ou la radiographie montrent que le chat est possiblement infecté, un traitement de soutien est suggéré avec un monitorage régulier du cœur et des poumons.


Cependant, bien que peu généralisés, des programmes de prévention sont maintenant offerts pour le chat. Ces produits sont similaires aux produits destinés au chien. Ils sont faciles à administrer puisqu'ils sont présentés sous forme de gâteries fort appréciées des chats ou sous forme de liquide à verser sur la peau. Ils sont administrés une fois par mois, comme chez le chien, du mois d'avril ou mai au mois de septembre ou octobre. La prévention est recommandée dans les régions où les vers du cœur sont très nombreux. Votre médecin vétérinaire pourra vous renseigner sur la prévalence de l'infestation dans votre région.


Il est bon de noter que même le chat d'intérieur peut être à risque, à moins, évidemment, d'avoir trouvé un moyen sans faille de stopper tous les moustiques à la porte de la maison!
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